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Samedi 6 janvier 2007

Aucun homme n’est une île, un tout, complet en soi ; tout homme est un fragment du continent, une partie de l’ensemble ; si la mer emporte une motte de terre, l’Europe en est amoindrie, comme si les flots avaient emporté un promontoire, le manoir de tes amis ou le tien ; la mort de tout homme me diminue, parce que j’appartiens au genre humain ; aussi n’envoie jamais demander pour qui sonne le glas : c’est pour toi qu’il sonne.

Ce texte de John Donne (1572-1631) est un des plus célèbres de la littérature anglaise (on pense au titre du roman de Hemingway, Pour qui sonne le glas). Dire qu’« aucun homme n’est une île » ne saurait faire une apologie du collectivisme, comme d’aucuns ont voulu croire. C’est une constatation d’évidence. Tout homme est « une partie de l’ensemble », grâce à quoi nous bénéficions du commerce et de la culture. « La mort de tout homme me diminue, parce que j’appartiens au genre humain » : J’en tire l’enseignement qu’agresser autrui est m’agresser moi-même, c’est une règle morale sans exception et à laquelle je souscris sans réserve, mais je ne vois pas qu’elle m’impose d’être au service d’autrui.
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Par Donne’s Devotions (1624) - Publié dans : Textes
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