La maison des VIALE

Publié le par VILLA

La mer. Au loin, on voit les îles. Et quand le vent plonge des montagnes, déblayant l'horizon, une ligne grise, ténue, fragile apparaît : l'Italie. Généralement, c'est l'hiver. Froide, dure, la lumière désincarne les choses. On se sent pris, figé. Le malheur guette derrière tant de beauté, ta beauté, mon île, consolation poignante dans notre envie de fuir. de s'arracher plus que de fuir ; qui n’a connu le déchirement des départs en mer ne peut bien comprendre. L'avion, maintenant, a gommé l'angoisse millénaire. Mais dans le coeur, l'arrachement demeure, avec le souvenir. L'eau noire qui remue, dérangée, inquiète, sous la quille; la plainte des cabestans, la sirène rauque, et les larmes, en silence, tandis que sur quai les mouchoirs et les gestes s'estompent, et les visages aimés...

            Au loin, très loin, un autre monde. On l'appelle le Continent. On appelait la Terre Ferme, du temps de Salvatore, et c'était l'Italie.

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